
Dans ce qui s'annonce comme l'injection de capital la plus importante de l'histoire de la Silicon Valley, SoftBank Group serait en discussions avancées pour investir jusqu'à 30 milliards de dollars dans OpenAI. Ce mouvement monumental s'inscrit dans un tour de financement plus large visant à lever la somme colossale de 100 milliards de dollars, ce qui pourrait propulser la valorisation du géant de l'IA dirigé par Sam Altman à un montant vertigineux de 830 milliards de dollars.
Chez Creati.ai, nous avons suivi de près l'escalade des besoins en capitaux dans le secteur de l'IA générative (Generative AI), mais ce développement marque un départ net par rapport aux normes traditionnelles du capital-risque. Il signale la transition de l'intelligence artificielle (Artificial Intelligence) d'un segment logiciel vers une infrastructure mondiale fondamentale comparable à l'énergie ou aux télécommunications.
Les montants annoncés redéfinissent l'échelle du capital privé. Alors que OpenAI a déjà obtenu des engagements de plusieurs milliards de dollars de partenaires comme Microsoft, ce nouveau tour représente un saut quantique dans l'accumulation de ressources. L'infusion proposée de 100 milliards de dollars vise à financer la prochaine génération d'entraînement de modèles — probablement GPT-6 et au-delà — et l'énorme infrastructure physique requise pour la soutenir, y compris des centres de données propriétaires et des solutions énergétiques.
La contribution potentielle de 30 milliards de dollars de SoftBank ferait de l'entreprise l'un des plus grands actionnaires externes, consolidant l'ambition de longue date de Masayoshi Son de contrôler le « système nerveux » de la future économie numérique. Cet investissement s'aligne sur le virage stratégique de SoftBank vers une offensive agressive, après des années de manœuvres défensives dans le portefeuille du Vision Fund.
Pour comprendre l'ampleur d'une valorisation de 830 milliards de dollars, il faut regarder le paysage comparatif des géants technologiques mondiaux. Si elle se réalise, cette valorisation placerait OpenAI à portée du « club du billion » (Trillion Dollar Club), un palier jusque-là réservé aux entreprises publiques bien établies comme Apple, Microsoft, NVIDIA et Alphabet.
Tableau : Analyse comparative des valorisations majeures et des investissements en IA (2024-2026)
| Entité | Dernière valorisation / capitalisation boursière | Investissements IA récents notables | Orientation principale |
|---|---|---|---|
| OpenAI (Projeté) | $830 Billion | $30 Billion (SoftBank Talks) | Recherche et déploiement d'intelligence artificielle générale (Artificial General Intelligence, AGI) |
| ByteDance | $300 Billion+ (Est.) | R&D interne | IA pour les réseaux sociaux et le contenu |
| SpaceX | $250 Billion+ (Est.) | N/A | Aérospatial & Starlink |
| Databricks | $60 Billion+ | Acquisitions en IA générative | Intelligence des données |
| Anthropic | $40 Billion+ (Est.) | $4 Billion (Amazon) | Sécurité de l'IA et des LLM |
Cette valorisation suggère que les investisseurs ne considèrent plus OpenAI comme une simple société logicielle, mais comme un fournisseur de services essentiels pour l'ère de l'intelligence artificielle générale (AGI). Les multiples impliquent que la technologie d'OpenAI soutiendra un pourcentage significatif de l'activité économique mondiale au cours de la prochaine décennie.
Pour le fondateur de SoftBank, Masayoshi Son, cet accord représente l'aboutissement d'une vision qui s'étend sur des décennies. Son a souvent exprimé son désir d'être le principal financeur de la révolution de l'information. Ces dernières années, sa rhétorique s'est spécialement orientée vers la « Superintelligence artificielle » (Artificial Superintelligence, ASI) — une IA qui surpasserait les capacités humaines par un facteur de milliers.
L'ampleur du chèque — 30 milliards de dollars — indique que SoftBank cherche à s'assurer une place à la table où sera décidée la gouvernance de la superintelligence. Il ne s'agit pas simplement d'une transaction financière ; c'est une manœuvre géopolitique. En injectant ce niveau de capital, SoftBank veille à ce que le Japon reste un acteur pertinent dans le paysage de l'IA dominé par les États-Unis.
Les analystes du secteur spéculent que cet investissement est profondément lié à la propriété par SoftBank d'Arm Holdings. Des rumeurs persistantes évoquent une initiative baptisée « Project Izanagi », visant à construire une chaîne d'approvisionnement dédiée aux puces IA pour rivaliser avec NVIDIA.
L'ampleur de ce tour de financement exclut de facto les sociétés traditionnelles de capital-risque. Un chèque de 30 milliards de dollars dépasse la capacité même des plus grands fonds de la Silicon Valley. Cela crée une bifurcation sur le marché :
Cette consolidation soulève des inquiétudes quant à la concurrence. Si OpenAI obtient 100 milliards de dollars en un seul tour, elle construit un « fossé de calcul » (compute moat) pratiquement infranchissable pour ses concurrents. Le coût d'entraînement des modèles de pointe augmente de façon exponentielle ; ce tour de table assure à OpenAI de rester en tête quel que soit le taux de burn.
Malgré l'optimisme, un accord de cette ampleur attirera inévitablement un examen approfondi des régulateurs mondiaux. La Federal Trade Commission (FTC) aux États-Unis et la Commission européenne ont déjà exprimé des préoccupations concernant la concentration de pouvoir dans le secteur de l'IA.
Pour l'industrie au sens large, l'entrée de SoftBank dans OpenAI à cette échelle valide la thèse selon laquelle nous sommes encore aux premiers stades de l'essor de l'IA. Elle dissipe l'idée d'une « bulle IA » susceptible d'éclater prochainement, et la remplace par un récit d'accélération agressive de la construction d'infrastructures.
Points clés pour les dirigeants technologiques :
Alors que nous observons le déroulement de cet accord, une chose est claire : la course à la suprématie en IA est passée du sprint à un marathon fortement financé. Le pari de 30 milliards de dollars de SoftBank est une déclaration d'intention : ils prévoient d'être là à la ligne d'arrivée. Chez Creati.ai, nous continuerons à suivre la manière dont cet afflux de capitaux influence les feuilles de route produit et la démocratisation des outils d'IA pour les créateurs et les entreprises.